Retromania

(Extrait de Freak Out! #5) 

RETROMANIA : POP CULTURE’S ADDICTION TO ITS OWN PAST

Simon Reynolds

A défaut de croire en l’art (et qui vous en voudrait, à notre époque ?), on peut au moins considérer que ce qui s’y déroule est révélateur d’un climat idéologique plus général. Lorsque ce qui est censé faire office d’avant-garde culturelle devient réactionnaire, comment espérer qu’à un niveau socio-politique, les choses aillent dans le bon sens? Simon Reynolds, auteur de Rip It Up and Start Again, propose une plongée en eaux profondes dans les quarante dernières années de la pop-culture, du monde de la télévision à celui de la littérature en passant par la mode et bien sûr la musique, le sujet qui nous intéresse ici. Après un tour d’horizon critique de la stérilité créative de la première décennie du 21e siècle, Reynolds se donne pour mission de dater le moment précis du basculement dans le plagiat & le recyclage. Si lui, né au début des années 60, est d’abord tenté de le situer à la sortie du post-punk (avec un bref sursaut d’originalité grâce à la techno quelques années plus tard), ses entretiens et son écumage d’archives diverses offrent rapidement un son de cloche bien moins optimiste : certains situent le début de la fin à l’invention du phonographe (par Edison, à l’origine pour « conserver les voix des morts ») ! Ça peut paraitre excessif, mais que l’on situe le basculement au début de la production de disques, à celui du CD, d’Internet ou du iPod, la question reste la même: A quel point le rythme hystérique des innovations technologiques conditionne-t-il la sociabilité de l’écoute et dictent-ils notre rapport à la musique ?

Retromania dresse ensuite un historique de l’obsession du rétro au cours des dernières décennies. Reynolds fait appel aux exemples les plus emblématiques pour justifier son propos – la northern soul, les mods, le garage punk, les neo-romantics -, mais on aurait aimé qu’il ne passe pas à la trappe certains exemples qui seraient venus le nuancer, voire le contredire. Il omet, comme dans Rip It Up…, d’importantes contributions à l’histoire : DEVO sont par exemple absents de ce livre !!! Vu le sujet traité ici, c’est d’une négligence dramatique ! En effet, à une époque (mid-70s) où le rock semblait à bout de souffle, entre la complaisance post-psychédélique et le punk, quel autre groupe a su être à la fois futuriste dans son esthétique, novateur dans ses sonorités et pertinent dans son propos ? Et comment oublier les SCREAMERS, abandonnant les guitares pour des synthés, qui n’ont jamais sorti de disques mais ont enregistré en 1979 une vidéo, persuadés que « les VHS étaient l’avenir » ??? Même KRAFTWERK ne sont gratifiés que de quelques mentions en passant. Ces quelques exemples auraient mérité une plus grande attention.

Propos sous-jascent de Retromania, l’épuisement créatif de la musique à mesure que l’on se rapproche de notre époque. Effectivement, vu sous cet angle, Dylan a commencé par plagier Woody Guthrie, mais ça ne l’a pas empêché de devenir une voix importante de sa génération, même si le mouvement folk qu’il a participé à construire était déjà un revival. Il y a forcément des partis-pris générationnels, et les gens de mon âge peuvent difficilement se permettre d’être comme Billy Childish, pour qui le garage sixties est déjà une hérésie ! Cela devient plus problématique lorsqu’un son, une esthétique, un look sont recyclés en faisant abstraction de leur contexte d’origine (social, ethnique, historique) et qu’ils cessent d’être associés à des mouvements (une espèce en voie de disparition s’il en est). Plus on avance vers l’époque actuelle, plus la superficialité avec laquelle les mouvements du passé sont recyclés est grande. L’allégorie de Reynolds à propos de la fonction shuffle sur le iPod est malheureusement bien trouvée.

A l’opposé de l’ascétisme esthétique de Childish (j’en rigole, mais c’est une vraie philosophie de vie pour lui), l’innovation technique modifiant l’écoute de la musique. Raver de la première heure, Reynolds détaille de manière dense la naissance des DJ, des soirées soul organisées par les mods dans les Sixties aux rave-parties de la fin des années 80. Si elle incarne une version abâtardie de l’expérience originelle de la musique live (des gens jouent des enregistrements pour d’autres gens), la culture du DJ n’en est pas moins, à la base, fanatiquement futuriste : pour preuve la course aux nouveaux disques, très vite obsolètes et ringards, dans la soul, le hip-hop ou la techno. Les DJ sont néanmoins aujourd’hui victimes des mêmes phénomènes de revivals que les musiciens : les gens veulent désormais danser sur des tubes familiers, et rechignent pour beaucoup à ce qu’on leur impose une musique qu’ils n’ont pas choisi (résultat du « contrôle total » sur son univers sonore proposé par les lecteurs MP3 ?). Les DJ en perdent leur statut de dénicheurs d’obscures perles musicales.

Reynolds utilise le concept de « Japonisation » pour mettre en lumière un rapport différent à l’originalité, soulevant au passage une nouvelle problématique, délicate, qu’il effleure à deux reprises : l’ethnocentrisme de cette obsession à la fois pour l’innovation et pour la figure de l’artiste, certaines cultures (peut-être majoritaires à l’échelle du monde ?) y attachant beaucoup moins d’importance et considérant l’art et l’héritage culturel de manière plus collective et ludique. C’en est presque rassurant, même si il faut, pour l’imaginer, faire tant bien que mal abstraction de notre conditionnement par l’impérialisme culturel anglo-saxon. De la même manière, il serait extrêmement ethnocentrique de continuer à considérer l’Europe & l’Amérique du nord comme le centre culturel du monde. Si ce n’est pas encore demain que les États-Unis abandonneront ce qu’il leur reste de main-mise sur la culture de masse, il n’empêche que c’est peut-être de la part des jeunesses des pays dits « émergents » qu’il faut attendre des formes d’expression innovantes. Les mutations qui ne manqueront pas de s’y produire seront forcément accompagnées de discours, de sons et d’images qui viendront, espérons-le, relativiser le pessimisme et l’épuisement de créativité du monde occidental.

Notion visiblement très chère à Reynolds, la « nostalgie du futur » est évoquée à plusieurs reprises et, là encore, celui-ci découvre que le sentiment ne date pas d’hier. La génération des boomers est déçue de ne pas se déplacer en jetpacks, mais elle a le privilège d’avoir connu une époque à laquelle le futur était encore synonyme d’amélioration des conditions de vie, et d’avoir été actrice des transformations sociales que l’on connait - sans parler du fait qu’elle peut se consoler grâce à la vénération continuelle de cet « âge d’or » sous forme de films, livres, rééditions et hommages divers. Pour celle élevée au refrain de «(Smells Like) Teen Spirit» et arrivant à l’âge adulte au cours de la première décennie des années 2000, le futur proche est plutôt évocateur de catastrophes écologiques, conditions économiques difficiles et climat social hostile, le tout se maintenant à l’infini dans un statu quo à l’équilibre fragile mais hors d’atteinte. L’optimisme se fait rare, l’utopie est portée disparue. La génération de Reynolds, coincée entre les deux, est celle pour qui la déception semble la plus amère, bien que légèrement superficielle : « Nous avons dû nous rendre à l’évidence qu’on ne passerait jamais nos vacances sur la Lune. »Difficile de ne pas être nostalgiques d’une époque pas si lointaine où ce type de fascination pour le futur nourrissait l’imagination et les espoirs les plus fous. Même la science-fiction ne sait que faire de cette absence de futur comme ligne d’horizon. Alors que Retromania touche à sa fin, Reynolds assimile de façon assez pertinente l’inertie de notre culture à la « fin de la frontière », dressant également des parallèles entre la conquête spatiale et les explorations dans la musique concrète et électronique, elles aussi arrivées à une sorte d’impasse. Nous vivrions donc au sein d’un présent-futur sans perspectives, où la civilisation – occidentale, rappelons-le - se replie sur un fétichisme nostalgique ou une frivolité vulgaire, piochant au gré de l’internet illimité et de la télé-réalité avec le déficit d’attention que l’on connait maintenant tous. Au-delà de problématiques propres à la musique, c’est une véritable enquête anthropologique que propose ici Reynolds. Sa conclusion, qui suggère que nous rejouons la décadence précédant la chute de nombreuses grandes civilisations tel le plus grand show de revival jamais organisé, serait d’une délicieuse ironie si elle ne nous laissait pas si consternés. (JB)

Version française disponible chez Le Mot et le Reste

Double Nickels

A little something for our english-speaking readers. This came out in a german zine sometimes last year (thanks Boitel!). The call to contributors went like this : “Talk about a record that changed your life”, or something… Here, this one did :

The Minutemen « Double Nickels on the Dime » 2xLP (SST, 1984)

« Double nickels… » has turned 25 years old two years ago, and even though it’s both comforting & exciting to know that there are younger generations out there who have yet to hear it for the first time, its greatness has been plentifully acknowledged. Still, that doesn’t say anything about my relationship to this record, does it? I found out about The Minutemen at an advanced age, somehow, The Minutemen are the kind of band that requires more in-depth listening and generally a more open mind than say, Minor Threat. They’re kinda off the beaten path, when you first find out about punk and go from one band to another. That’s why, I think, a lot of us only get into them at a later age, if we ever do.

I bought « Double nickels… » as I was living in a different town, in a tiny appartement (still do). I was spending a lot of time on my own with no TV or computer, and any new music to enter my small neck in the woods was very helpful and analyzed thoroughly. It was in that little shithole that I got to sit with the record for the first time, and tried to decipher the lyrics, pictures and artwork. I won’t spoil it for you but, believe me, there are actually a lot of little details & references in that record that deserve scrutiny (for further investigation, try the movie « We Jam Econo : the story of The Minutemen »).

But the music was of course what required your total attention, at first. Later on, I would read along to the lyrics while listening to the songs, but upon those first listens, listening & taking it all in was all you could do. Mike Watt’s bass lines, funky and sounding like a beating heart in the way that only the great jamaïcan reggae & dub do, D. Boon’s shrieking guitar & resolute vocal delivery (the man was on a mission, you can just feel it) and Hurley manic drumming; the whole sphere of musical influences, from funk to raging punk, from protest songs to classic rock; one minute fist-in-the-air anthems, the next existential spoken words, and then on to one of these funky dancing numbers that use to make punks spit their confusion at them. You’re left to wonder : why did punk fall into these formulas so quick and why wasn’t it more often like that?

The Minutemen’s strict democratic take on the band dynamic shows in the music : no instrument is louder than the other, recorded at the same level, in defiance of the 70’s rock myth of the leader/guitar hero. It did change my whole perspective on what a band should sound like, and how rock canons impose formulas based on hierarchies & stardom. It doesn’t mean that they didn’t pound their fists on the table from time to time (see the cover of « Buzz or Howl… » for a more visual description), but this is how you get things done, isn’t it?

Then, there’s the lyrics. Man, how to do them justice? More than anything, it’s those lyrics that really made this record special to me. Written half by Watt/half by D.Boon, they show two sides of The Minutemen coin : Boon’s were politically-charged, yet never preachy or cliché, and Watt’s were more existential or pop culture-themed. Still, they have in common the fact that they’re only a few lines long, with such short songs they had to pack in everything they had to say & say it quick! While belonging to a particular time & place (Cold War/California), a lot of those lyrics still ring true today. Isn’t there something to make of « Corona » or « Untilted song for Latin America», in the light of recent immigration laws in the U.S. and its general relationship with its southern neighbor? What about « Partying will help » and the uncomfortable « victims of my leisure » line, or « Shit from an old notebook » and its cry to destroy « psychologica methods to sell »? Need I go on? Then you have the life narrative & celebration of punk rock friendship « History lesson part II », which still sounds very sad, knowing that D.Boon passed away shortly after, even though there’s that play on words - somehow unvoluntary & only understandable by french canadians - that always cracks me up in the line « …we were fucking corndogs, we’d go drink & pogo ». See, I told you there were little in-jokes. To sum it up, The Minutemen lyrics were clever, funny, existential or angry, but always short and to the point, they just had a lyrical style that completely shaked what I thought punk lyrics should be. They were amongst the great american songwriters, and it’s no wonder that they looked at both Woody Guthrie and Richard Meltzer for inspiration.

As you may know, D. Boon died in a car crash not even two years after « Double nickels… » was recorded. Near the end of « We Jam Econo », Mike Watt says : « You have to find the people with whom you want to build dreams, it was a big change for me, meeting D. Boon… », and you can see that the man still has tears in his eyes just talking about it (P.S. Still has – when I interviewed Watt last year, it didn’t take five minutes after we met for him to start talking about D. Boon). I guess what I’m trying to say is : they were people just like you & me, with things to say about the world around them, trying to have fun with their best friends in the process. Find those people and then go make your own life-changing double LP. 

Freak Out! & Menace d’un futur terne présentent :

MILK MUSIC (Olympia, USA)
(rock mélodique à la Dino. Jr/ Wipers/ Crazy Horse. Leur excellente session sur WFMU est là : http://icoulddietomorrow.blogspot.fr/2012/01/milk-music-live-at-wfmu.html

TOP AFFAIRE (Lyon)
“Top Affaire c’est les Pastels et Richard Gotainer réunis. Incroyable, et c’est de mieux en mieux !” -Tom Tom

DIMANCHE 27 MAI 
@ Sonic, 4 quai des Etroits, Lyon 5 - 20h30 - 5 euros.

Freak Out! & Menace d’un futur terne présentent :

MILK MUSIC (Olympia, USA)

(rock mélodique à la Dino. Jr/ Wipers/ Crazy Horse. Leur excellente session sur WFMU est là : http://icoulddietomorrow.blogspot.fr/2012/01/milk-music-live-at-wfmu.html

TOP AFFAIRE (Lyon)

“Top Affaire c’est les Pastels et Richard Gotainer réunis. Incroyable, et c’est de mieux en mieux !” -Tom Tom


DIMANCHE 27 MAI 

@ Sonic, 4 quai des Etroits, Lyon 5 - 20h30 - 5 euros.

SATURDAY NIGHT FLIPPER
L’épicerie moderne/ 14-04-2012
Bruce Loose nous observe pénètrer au compte-goutte dans L’épicerie moderne depuis le stand de merchandising, gratifiant certains d’entre nous d’un sourire et d’un « hello ! » de bienvenue. Sur le mur derrière lui, des t-shirts arborant le célèbre poisson confirment : on est en 2012, et ce soir on va voir Flipper. Une décennie de reformations plus ou moins réussies derrière nous, l’excitation se teinte forcément d’un léger scepticisme. Si le groupe, radicalement non-consensuel, échappe au cirque nostalgique et rémunérateur du hardcore californien ou du punk anglais, son essence est celle de la spontanéité et d’un « live fast die young » dramatiquement incarné par la mort de Will Shatter au milieu des années 80. Qu’est-ce que Flipper ont à dire au monde d’aujourd’hui ? Comment les auteurs de « Life is Cheap » ont-ils vieilli sans sombrer au fond d’un trou (celui de « Earthworm », par exemple) alors qu’autour d’eux, tout n’a fait qu’empirer ? Ted Falconi, vétéran du Vietnam avant d’être membre de Flipper, n’est visiblement pas devenu agent immobilier, un compliment que l’on peut étendre au reste du groupe, mais la marque des années est bien là. Seule la bassiste et ex-membre de Frightwig Rachel Thoele apporte la trace d’une relative fraîcheur, encore que quand Kurt Cobain a porté le t-shirt de votre groupe au MTV Unplugged, on ne peut pas être si jeune, n’est-ce pas ?
D’ailleurs, où sont les jeunes ? Malgré l’influence souterraine continue de Flipper, la vérité est que les axes musicaux prédominants à notre époque sont à des lieux de la mauvaise humeur contagieuse du groupe au poisson crevé. D’où peut-être la maigre affluence. Pour la glorieuse tournée de reformation, on repassera. Les membres de Flipper ne semblent pas s’en soucier et entament leur set en blaguant. Après quelques aléas techniques, nous voilà dans l’ambiance : les lignes de basse, lourdes et répétitives, sont omniprésentes, imposant leur cadence du début à la fin. La guitare de Falconi, aigüe et bruitiste, est une performance de noise à elle seule. La batterie est minimale comme il se doit. Si le chant est souvent ce qui pèche chez les groupes reformés – difficile en effet de sonner comme sur des disques d’il y a 20 ou 30 ans – dans le cas de Bruce Loose, l’âge a gratifié sa voix d’un coffre et d’une hargne qui donnent aux paroles d’un sentiment de malaise encore plus prononcé que sur les vieux disques. Au bout de quatre morceaux, alors qu’un « I Saw You Shine » interminable et suffocant finit de plomber l’atmosphère, la salle s’est à moitié vidée. Suivront « Why Can’t You See », du LP de 2009, guère plus réjouissante, et « Survivors of the Plague », qui enterrent définitivement ce qui restait en nous d’humeur festive. Ce n’est pas les blagues de Loose entre les morceaux qui y changeront grand chose. Deux-trois poseurs se donnent en spectacle, et je ne m’y attarderais pas davantage si ça n’illustrait pas ce que semble provoquer, même en 2012, la musique de Flipper : une négativité dégagée insupportable pour une partie des gens présents, et une animosité grandissante entre les autres, certains résistant difficilement à l’envie d’étriper leur prochain. Sommes-nous les cobayes d’une expérience scientifique ? Surtout, que personne ne donne l’idée aux soldats américains de diffuser Flipper à Guantanamo. Malgré un « Sacrifice » enragé qui semble momentanément réconcilier le premier rang, le set prend fin sur de timides applaudissements et demandes de rappel. Loose, sourire en coin, se laisse aller au fatalisme : « Encore un moment gênant ; c’est pas grave, nous avons bâti une carrière sur ces moments-là. » Ou l’amertume de l’échec résumée par un punk de 55 balais qui a rangé ses ambitions de reconnaissance sociale au placard depuis bien longtemps. Un « Sex Bomb Baby » approximatif, chanté par Rachel Thoele et un type du public qui fait son possible, fait office de rappel mais plus personne n’est d’humeur.
Il y aura des soirées plus réussies, des groupes plus faciles à apprivoiser, avec qui le public communiera à l’occasion d’une libération collective momentanée. Flipper aliènent là où d’autres rassemblent. Pourtant, impossible de chasser l’impression d’avoir assisté à une performance musicale comme on en voit trop peu, où la musique a produit sur nous un effet à la fois grisant et dérangeant, une intensité d’émotions complètement différente de ce que procurent les concerts habituels. On pouvait décider de s’en imprégner ou de la fuir, mais Flipper avaient bel et bien quelque chose à nous dire, ce soir-là. Si nous ne vivons pas dans un monde qui sait reconnaître le groupe à sa juste valeur, nous sommes jusqu’au cou dans celui de « Generic ». Sa musique & ses paroles expriment ce que les gens préfèrent balayer sous le tapis : une absurdité existentielle aussi palpable aujourd’hui qu’hier. Flipper en acceptent la douce ironie, tels des prophètes de malheur qui ont depuis longtemps démasqué l’imposture et révéler le mensonge - ce qui devrait être le but de toute mission artistique.  

SATURDAY NIGHT FLIPPER

L’épicerie moderne/ 14-04-2012

Bruce Loose nous observe pénètrer au compte-goutte dans L’épicerie moderne depuis le stand de merchandising, gratifiant certains d’entre nous d’un sourire et d’un « hello ! » de bienvenue. Sur le mur derrière lui, des t-shirts arborant le célèbre poisson confirment : on est en 2012, et ce soir on va voir Flipper. Une décennie de reformations plus ou moins réussies derrière nous, l’excitation se teinte forcément d’un léger scepticisme. Si le groupe, radicalement non-consensuel, échappe au cirque nostalgique et rémunérateur du hardcore californien ou du punk anglais, son essence est celle de la spontanéité et d’un « live fast die young » dramatiquement incarné par la mort de Will Shatter au milieu des années 80. Qu’est-ce que Flipper ont à dire au monde d’aujourd’hui ? Comment les auteurs de « Life is Cheap » ont-ils vieilli sans sombrer au fond d’un trou (celui de « Earthworm », par exemple) alors qu’autour d’eux, tout n’a fait qu’empirer ? Ted Falconi, vétéran du Vietnam avant d’être membre de Flipper, n’est visiblement pas devenu agent immobilier, un compliment que l’on peut étendre au reste du groupe, mais la marque des années est bien là. Seule la bassiste et ex-membre de Frightwig Rachel Thoele apporte la trace d’une relative fraîcheur, encore que quand Kurt Cobain a porté le t-shirt de votre groupe au MTV Unplugged, on ne peut pas être si jeune, n’est-ce pas ?

D’ailleurs, où sont les jeunes ? Malgré l’influence souterraine continue de Flipper, la vérité est que les axes musicaux prédominants à notre époque sont à des lieux de la mauvaise humeur contagieuse du groupe au poisson crevé. D’où peut-être la maigre affluence. Pour la glorieuse tournée de reformation, on repassera. Les membres de Flipper ne semblent pas s’en soucier et entament leur set en blaguant. Après quelques aléas techniques, nous voilà dans l’ambiance : les lignes de basse, lourdes et répétitives, sont omniprésentes, imposant leur cadence du début à la fin. La guitare de Falconi, aigüe et bruitiste, est une performance de noise à elle seule. La batterie est minimale comme il se doit. Si le chant est souvent ce qui pèche chez les groupes reformés – difficile en effet de sonner comme sur des disques d’il y a 20 ou 30 ans – dans le cas de Bruce Loose, l’âge a gratifié sa voix d’un coffre et d’une hargne qui donnent aux paroles d’un sentiment de malaise encore plus prononcé que sur les vieux disques. Au bout de quatre morceaux, alors qu’un « I Saw You Shine » interminable et suffocant finit de plomber l’atmosphère, la salle s’est à moitié vidée. Suivront « Why Can’t You See », du LP de 2009, guère plus réjouissante, et « Survivors of the Plague », qui enterrent définitivement ce qui restait en nous d’humeur festive. Ce n’est pas les blagues de Loose entre les morceaux qui y changeront grand chose. Deux-trois poseurs se donnent en spectacle, et je ne m’y attarderais pas davantage si ça n’illustrait pas ce que semble provoquer, même en 2012, la musique de Flipper : une négativité dégagée insupportable pour une partie des gens présents, et une animosité grandissante entre les autres, certains résistant difficilement à l’envie d’étriper leur prochain. Sommes-nous les cobayes d’une expérience scientifique ? Surtout, que personne ne donne l’idée aux soldats américains de diffuser Flipper à Guantanamo. Malgré un « Sacrifice » enragé qui semble momentanément réconcilier le premier rang, le set prend fin sur de timides applaudissements et demandes de rappel. Loose, sourire en coin, se laisse aller au fatalisme : « Encore un moment gênant ; c’est pas grave, nous avons bâti une carrière sur ces moments-là. » Ou l’amertume de l’échec résumée par un punk de 55 balais qui a rangé ses ambitions de reconnaissance sociale au placard depuis bien longtemps. Un « Sex Bomb Baby » approximatif, chanté par Rachel Thoele et un type du public qui fait son possible, fait office de rappel mais plus personne n’est d’humeur.

Il y aura des soirées plus réussies, des groupes plus faciles à apprivoiser, avec qui le public communiera à l’occasion d’une libération collective momentanée. Flipper aliènent là où d’autres rassemblent. Pourtant, impossible de chasser l’impression d’avoir assisté à une performance musicale comme on en voit trop peu, où la musique a produit sur nous un effet à la fois grisant et dérangeant, une intensité d’émotions complètement différente de ce que procurent les concerts habituels. On pouvait décider de s’en imprégner ou de la fuir, mais Flipper avaient bel et bien quelque chose à nous dire, ce soir-là. Si nous ne vivons pas dans un monde qui sait reconnaître le groupe à sa juste valeur, nous sommes jusqu’au cou dans celui de « Generic ». Sa musique & ses paroles expriment ce que les gens préfèrent balayer sous le tapis : une absurdité existentielle aussi palpable aujourd’hui qu’hier. Flipper en acceptent la douce ironie, tels des prophètes de malheur qui ont depuis longtemps démasqué l’imposture et révéler le mensonge - ce qui devrait être le but de toute mission artistique.  

La traduction d’extraits de Scam #7 est terminée et se présente comme ça :
Retour à Miami : Une ville à l’ère d’Art Basel
ERICK LYLE 
En 2010, le San Francisco Bay Guardian envoie Erick Lyle couvrir la neuvième édition d’Art Basel à Miami. C’est l’occasion pour lui de revenir dans sa ville natale et d’observer les transformations provoquées par la plus prestigieuse foire d’art contemporain au monde. Alors que les amateurs d’art se pressent par milliers et que les promoteurs immobiliers investissent massivement, Miami reste une des villes les plus pauvres des Etats-Unis ; les défilés de célébrités côtoient les ouvertures de squats ; le clinquant tente de chasser les populations les plus pauvres.Dans Retour à Miami, Lyle dresse un portrait du monde de l’art et de son hypocrisie, évoquant tour à tour les liens entre le marché de l’art et celui de l’immobilier, entre la culture et l’économie, la difficulté d’articuler des critiques de ce milieu ou la récupération du street art (avec une interview cinglante de Shepard Fairey). Une analyse au vitriol complétée par le portrait d’une ville à part et des nouvelles formes de résistance nées, sur fond de crise économique, dans le sillon d’Art Basel.
ZINE A5 photocopié/ 44 PAGES/ 3 EUROS + port.
Distros/ shops : freakoutzine@gmail.com
Dispo dès ce weekend au Salon de la micro-édition à Lyon, on sera en train de boire des cafés au stand de La Luttine.

La traduction d’extraits de Scam #7 est terminée et se présente comme ça :

Retour à Miami : Une ville à l’ère d’Art Basel

ERICK LYLE 

En 2010, le San Francisco Bay Guardian envoie Erick Lyle couvrir la neuvième édition d’Art Basel à Miami. C’est l’occasion pour lui de revenir dans sa ville natale et d’observer les transformations provoquées par la plus prestigieuse foire d’art contemporain au monde. Alors que les amateurs d’art se pressent par milliers et que les promoteurs immobiliers investissent massivement, Miami reste une des villes les plus pauvres des Etats-Unis ; les défilés de célébrités côtoient les ouvertures de squats ; le clinquant tente de chasser les populations les plus pauvres.Dans Retour à Miami, Lyle dresse un portrait du monde de l’art et de son hypocrisie, évoquant tour à tour les liens entre le marché de l’art et celui de l’immobilier, entre la culture et l’économie, la difficulté d’articuler des critiques de ce milieu ou la récupération du street art (avec une interview cinglante de Shepard Fairey). Une analyse au vitriol complétée par le portrait d’une ville à part et des nouvelles formes de résistance nées, sur fond de crise économique, dans le sillon d’Art Basel.

ZINE A5 photocopié/ 44 PAGES/ 3 EUROS + port.

Distros/ shops : freakoutzine@gmail.com

Dispo dès ce weekend au Salon de la micro-édition à Lyon, on sera en train de boire des cafés au stand de La Luttine.

PRIMITIVE SOUNDS OF THE FUTURE
Freak Out! & Grrnd Zero hors les murs présentent :
NATE YOUNG(Wolf Eyes/ Demons/etc. Bruit, terreur, nonchalance/ Detroit, USA)
MARISA ANDERSON (guitare primitive/ Mississippi records/ Portland, USA)
MORGANE DESBEET(noise terrible/ NHDIYSTREC/ Lyon)
Vendredi 20 avril @ Dans une maison 
(+ d’infos sur Grrndzero.org)

MARISA ANDERSON en France :
20/04 – Lyon @ Passage Gonin
21/04 – Avignon @ Pub Z
22/04 – OFF
23/04 – Toulouse @ Petit London
24/04 – Poitiers @ Cluricaume
25/04 – Paris @ Bon Accueil
26/04 – Cherbourg @ Le Ballon Rouge/Galerie Bër
27/04 – Angers @ La Conserverie
28/04 – Metz @ appart’ 

PRIMITIVE SOUNDS OF THE FUTURE

Freak Out! & Grrnd Zero hors les murs présentent :

NATE YOUNG
(Wolf Eyes/ Demons/etc. Bruit, terreur, nonchalance/ Detroit, USA)

MARISA ANDERSON 
(guitare primitive/ Mississippi records/ Portland, USA)

MORGANE DESBEET
(noise terrible/ NHDIYSTREC/ Lyon)

Vendredi 20 avril @ Dans une maison

(+ d’infos sur Grrndzero.org)

MARISA ANDERSON en France :

20/04 – Lyon @ Passage Gonin

21/04 – Avignon @ Pub Z

22/04OFF

23/04 – Toulouse @ Petit London

24/04 – Poitiers @ Cluricaume

25/04 – Paris @ Bon Accueil

26/04 – Cherbourg @ Le Ballon Rouge/Galerie Bër

27/04 – Angers @ La Conserverie

28/04 – Metz @ appart’ 

Un numéro cinq en mode econo (zine A4 28 pages photocopié) mais bien rempli, dans lequel MIKE WATT garde la foi et nous régale d’anecdotes, Ben du journal Nuts! s’entretient avec le tenancier du label PERENNIAL, des membres du collectif GRRND ZERO prennent le temps de faire taire ou de donner raison aux critiques, LOS LLAMARADA répondent à une interview posthume depuis Monterrey en guerre, on cause du film sur l’histoire de KARP avec le réalisateur Bill Badgley et l’ancien membre du groupe Jared Warren, et la gentrification culturelle se poursuit à Metz. On prend aussi le temps de vous parler des livres Retromania (Simon Reynolds), Violence Girl (Alice Bag) et Grandeur et Décadence de Factory Records (James Nice), de quelques disques & zines, et certains y vont même de leur BD. Tout ça pour 2 euros/ 3 euros port compris. Distros/ disquaires/ librairies : 1,50 euros à partir de 5 copies (+ port)

Un numéro cinq en mode econo (zine A4 28 pages photocopié) mais bien rempli, dans lequel MIKE WATT garde la foi et nous régale d’anecdotes, Ben du journal Nuts! s’entretient avec le tenancier du label PERENNIAL, des membres du collectif GRRND ZERO prennent le temps de faire taire ou de donner raison aux critiques, LOS LLAMARADA répondent à une interview posthume depuis Monterrey en guerre, on cause du film sur l’histoire de KARP avec le réalisateur Bill Badgley et l’ancien membre du groupe Jared Warren, et la gentrification culturelle se poursuit à Metz. On prend aussi le temps de vous parler des livres Retromania (Simon Reynolds), Violence Girl (Alice Bag) et Grandeur et Décadence de Factory Records (James Nice), de quelques disques & zines, et certains y vont même de leur BD.

Tout ça pour 2 euros/ 3 euros port compris.
Distros/ disquaires/ librairies : 1,50 euros à partir de 5 copies (+ port)

Kill All Redneck Pricks: KARP LIVES! 1990-1998 (by molassesmanifesto)

Freak Out! présente: KILL ALL REDNECK PRICKS - THE STORY OF THE BAND KARP

Projection V.O.S.T. en présence du réalisateur Bill Badgley

JEUDI 27 OCTOBRE
@ BUFFET FROID, MONTEE DE LA GRANDE CÔTE, LYON 1er
19h PETANTES! - PRIX LIBRE

Originaires, comme des centaines d’autres groupes, de cet épicentre indescriptible de la musique indépendante qu’est Olympia, Washington, faut être honnête et reconnaître que Karp n’a pas laissé de traces définitives dans le paysage musical pendant leur existence (1990-1998). Leur mélange brumeux de Sabbath et d’éléments de hardcore distillés sous l’influence régionale incontournable des Melvins est puissant, mais il ne fait pas chavirer. C’est cette lueur d’honnêteté, d’absence totale de posture ou de calcul qui m’a fait basculer dans leur camp. Leur musique est hargneuse & attirante, quand on l’additionne à leur son elle l’est d’autant plus. Ceux qui ont pu entrevoir cette dynamique ne l’ont jamais oubliée, sur disque ou sur scène.

C’est le cas de Bill Badgley, musicien et originaire du même lycée que les trois membres de Karp. Après la séparation du groupe, après le projet avorté The Whip avec notre ami Joe Preston, après la mort du batteur Scott Jernigan dans un accident de bateau en 2003, il a décidé de monter un projet de documentaire sur le groupe appelé Karp Lives ! Va engouffrer toutes tes économies dans un docu sur un groupe qui aura intéressé à tout caser quelques milliers de personnes à travers le monde. Pourquoi ? Si t’as vraiment besoin de te poser la question, c’est que tu n’as rien compris à l’approche.

L’histoire de Karp est celle de myriades de groupes, de jeunes hommes et femmes qui ont voulu jouer le jeu en créant leurs propres règles, s’accrocher à cette idée que oui, on pouvait faire la musique dont on rêve avec le moins de compromis possibles. C’est une histoire calquée sur la vie, dans le sens le plus simple du terme, des moments de joie innombrables souvent oubliés, les regrets et les fiertés un peu vieillis, ponctués par les tragédies qui restent.

C’est l’histoire d’une vie de zicos, moins comme une échappatoire que comme une vocation, comme un choix qui forge une identité & une appartenance qu’on voudrait définitive (KARP, c’est un acronyme pour Kill All Redneck Pricks, une ligne tracée dans le sable) et auquel on se consacre tout entier parce qu’en dehors de lui rien n’a de sens. Les amitiés, les amours, la réussite et les échecs, les épreuves et les enseignements, tout est lié à cette façon de s’exprimer, artistiquement, violemment. Entendre Chris Smith briser ses cordes vocales en criant “I would rather die, than be with you”, c’est savoir que ces mecs étaient entièrement sérieux dans leur démarche. Et c’est ce dont je me souviendrais dans 10 ou 15 ans, quand je me brûlerais encore, par hasard, au rock enflammé de Karp. (Extraits d’un texte trouvé par hasard sur un blog du Monde…)

On aurait bien envie, histoire de se défouler un coup, de vous raconter les nombreuses péripéties survenues lors du bouclage de ce nouveau Freak Out!. Sauf qu’au lieu de compatir, vous nous répondriez peut-être qu’on l’avait bien cherché, et vous auriez raison. Au sommaire de ce #4 : CRIMEN DE ESTADO nous parlent de brutalité policière et de leur ville de Barcelone, une longue discussion avec PINK REASON nous emmène du Kazakhstan à New York, GRASS WIDOW s’interrogent sur les pratiques économiques des groupes underground dans l’Amérique d’aujourd’hui, deux parisiens animent des ateliers musicaux avec des enfants handicapés du 9-3, sous le nom ATELIER MÉDITERRANÉE. Les bordelais de GASMASK TERRÖR partent en tournée au Japon, moins d’un mois après une catastrophe nucléaire. Daniel Stewart & Alex S. s’essaient à la fiction. Nos contributeurs s’attardent brièvement sur KUOLEMA, SHANGAAN ELECTRO & DEAF WISH. Et pour finir, il ne vous restera plus qu’à parcourir les plusieurs pages d’opinions hautement subjectives sur quelques disques, zines et bouquins sortis récemment.

Comme d’habitude, le zine est dispo pour 2,50€ de main à main, 2€ pièce pour les distros à partir de 5 copies.
Pour plus de détails sur les frais de port, etc, pour ce numéro contactez exclusivement Julien, antipathy66(at)hotmail.com ou freakoutzine(at)gmail.com, Alex ne pourra s’occuper d’aucune commande dans le mois à venir.
Punk Post possible pour Paris ce samedi au concert de Career Suicide.
Bientôt dispo aux endroits habituels.

[Flash 9 is required to listen to audio.]

Borrowed Time par Pink Reason (reprise de Grazhdanskaya Oborona, avec d’autres textes), enregistré live à Lyon le 11.07.11

Freak Out! #3

Alors qu’il n’y a pas si longtemps, la rédaction de Freak Out! n’en croyait pas ses yeux en découvrant le colis renfermant son premier numéro, nous voilà, quelques mois plus tard, avec un troisième numéro dans les mains, et l’excitation qui elle n’est pas redescendue d’un iota. Au sommaire cette fois-ci: Une couverture d’Ivan Brun en hommage à une de nos gloires musicales locales; des interviews de fanzines (DISTORT, COUNTERFEIT GARBAGE), librairie (GRAND GUIGNOL) et maison d’édition (TERRE NOIRE), salon de la micro-édition oblige. Le punk rock n’est pas en reste avec TYVEK et SHELLSHAG; Vivian/ Ecoute la Merde a une discussion surréaliste avec le russe MONOPOLKA; Paco de LA VIDA ES UN MUS nous éclaire enfin sur le pourquoi/comment d’un des meilleurs labels de punk-hardcore actuels; Vous saurez tout -ou presque- sur la prolifique scène punk de Portland ainsi que tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir sur la terreur musicale HARRY PUSSY. Pour finir, les grenoblois de TAULARD nous parlent sans détour & à fleur de peau, à l’image de leur musique; Ce n’est pas tout, mais on vous laisse le plaisir de découvrir le reste.

Le journal fait toujours 20 pages et coûte 2,50 euros de la main à la main, 3 euros port compris pour les exemplaires uniques; 2 euros pour les distros/ disquaires/ librairies à partir de 5 copies.

Sortie officielle à Lyon le 14 mai.

Infos/ Paypal: freakoutzine (at) gmail.com

[Flash 9 is required to listen to audio.]

HARRY PUSSY - new song: un avant-goût auditif du #3, qui part chez l’imprimeur dans quelques jours.

[Flash 9 is required to listen to audio.]

UNIT 4 - Rules